Les Mémoires de guerre du Louvre

CréationWeb-série

Le 29 janvier 2025

A l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la Libération de Paris, le Louvre, en association avec le média Les Temps qui courent, revient sur l’histoire tourmentée du musée pendant la Seconde Guerre mondiale. La web-série, diffusée en septembre et octobre sur les réseaux sociaux, peut désormais être visionnée sur le site du Louvre et la chaine YouTube Les Temps qui courent.

Dès 1938, les menaces de guerre conduisent à l’évacuation des collections publiques vers des châteaux situés à l’écart des villes et autres cibles stratégiques susceptibles d’être visées par des bombardements aériens. La Joconde quitte ainsi le Louvre le 28 août 1939, bientôt suivie par une sélection d’œuvres parmi les plus précieuses pouvant être transportées.

Ce plan de sauvegarde a été élaboré par Jacques Jaujard, alors directeur des musées nationaux. Françoise Mardrus, conservatrice, spécialiste de l’histoire du Louvre sur laquelle elle a beaucoup publié, en retrace les différentes étapes et décrit la vie du Louvre sous l’Occupation, jusqu’au retour des collections et la réouverture du musée en juillet 1945.

Catherine Velle aborde cette même histoire à partir des souvenirs de sa mère Frédérique Hébrard, qui a suivi enfant ses parents, les conservateurs André Chamson et Lucie Mazauric, de château en château à travers la France, au gré de la pérégrination des œuvres. Des photographies issues de sa collection familiale, ainsi que des documents inédits tirés de l’exposition, « André Chamson, itinéraire d’un enfant du siècle » qu’elle a conçue, illustrent son témoignage. 

Le périple particulier de certaines œuvres est exposé par les conservateurs qui en ont actuellement la charge. Sophie Jugie, directrice du département des sculptures, éclaire le parcours singulier de la Madeleine d’Ehrart, seule œuvre du Louvre à avoir été envoyée en Allemagne, où elle sera retrouvée dans une mine de sel à l’issue du conflit. Ludovic Laugier, conservateur en chef au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, retrace le spectaculaire déménagement de la Victoire de Samothrace, descendue sur des madriers jusqu’au bas de l’escalier Daru, et celui de la Vénus de Milo, opération rendue délicate par la grande fragilité de la célèbre sculpture. Non moins exceptionnel est le voyage du radeau de la Méduse raconté par Côme Fabre, conservateur au département des Peintures. Hissé sur un camion de la Comédie française, habituellement utilisé pour transporter des grands décors, le tableau heurte un fil du tramway à Versailles, provoquant un court-circuit qui prive une partie de la ville d’électricité. Plus discrète, l’histoire des cadres, demeurés vides au Louvre quand les tableaux étaient envoyés dans leurs refuges à travers la France, s’inscrit dans le grand bouleversement traversé par le musée. Charlotte Chastel-Rousseau, conservatrice au département des Peintures, explique comment cet épisode a permis de mieux les documenter et d’enrichir la collection.

Le témoignage de Laurence des Cars, Présidente-directrice, vient clore la série. Elle rend hommage à Jacques Jaujard et évoque un aspect plus douloureux du musée pendant la guerre, la réquisition par les nazis de trois salles du rez-de-chaussée de la cour carrée, transformées en séquestre où étaient entreposées des œuvres d’art confisquées à leurs propriétaires juifs. Elle aborde la question des restitutions et le travail entrepris depuis le milieu des années 1990 pour retrouver les descendants des propriétaires des œuvres spoliées encore conservées dans les musées.

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