Antiquités égyptiennes : le Louvre retrouve d'anciens pensionnaires

Vie des collectionsMuséographie

Le 20 novembre 2024

Après dix ans d'absence, la salle du parvis du temple retrouve ses célèbres babouins de granit. Un retour que nous décrit Hélène Guichard, conservatrice générale, adjointe au directeur du département des Antiquités égyptiennes.

Le retour des Babouins en vidéo :

Voilà dix ans qu’ils étaient partis. Dix années au cours desquelles leurs six tonnes ont voyagé pour l’exposition Des animaux et des pharaons, du nord de la France à Madrid en passant par Barcelone. Après un long séjour dans la Galerie du Temps du Louvre Lens, les babouins de granit ont finalement retrouvé le chemin du musée. Un retour qui enthousiasme Hélène Guichard. « Je suis très contente de les voir de nouveau ici, au Louvre, après cette petite balade d'une décennie, s’amuse-t’elle. Je le suis d’autant plus que la nouvelle scénographie les met davantage en valeur. L’éclairage, notamment, permet d'en voir beaucoup mieux les détails. »

À commencer par l’étrange posture de ces quatre singes cynocéphales. « Ils sont dressés sur leurs pattes arrière, les mains levées, paumes ouvertes, dans une position qui dans l’Égypte ancienne représente l’adoration. Ces babouins sont d’ailleurs dits “solaires’’ parce qu'ils acclament, ils vénèrent le soleil levant »détaille Hélène Guichard, avant d’en expliquer la symbolique : « Les Égyptiens avaient remarqué que dans le désert, les babouins avaient l'habitude de se regrouper le matin au lever du soleil et se mettaient à gesticuler, à faire du bruit, à crier. Ils avaient interprété ce comportement comme une forme d’acclamation de l’aube. C'est pour cela que ces groupes sculptés se trouvaient notamment à l'entrée des temples, au pied des obélisques. » Lesquelles symbolisent eux aussi et à leur manière l’astre du jour. Ou, plus précisément, un rayon de soleil pétrifié : celui du jour de la création du monde.

Placés tout naturellement à l’entrée de la salle du temple du musée, nos babouins sont d’ailleurs accompagnés aujourd’hui d’une reproduction de ces célèbres monolithes. C’est escortés de l’un de ces monuments que les quatre adorateurs du soleil sont entrés au Louvre, en 1836. « Ils sont arrivés en même temps que l’obélisque de la Concorde, confirme Hélène Guichard. Ils avaient été donnés à la France par l'Égypte. Mais quand l'obélisque a été installé sur la place parisienne, les babouins, eux, ont directement pris le chemin du Louvre. À l’époque, le roi ne souhaitait pas que des babouins nus soient exhibés dans les rues ou sur les places publiques de Paris. »

illustration
Elingage des babouins salle 327

Vous aimerez aussi

« Nous sommes les gardiens de la mémoire du jardin. »

Chaque année, plus de quatorze millions de visiteurs arpentent le Jardin des Tuileries. Un espace vert de 23 hectares sur lequel veillent dix jardiniers d’art. Promenade didactique dans les allées du jardin, en compagnie de Cécile Pierrot, jardinière d’art, à l’heure où le printemps impose peu à peu ses couleurs.

Acquisition d’un ensemble exceptionnel d’enluminures : La Passion du Maître du Boccace de Munich

Le fonds d’enluminures du département des Arts graphiques s’est récemment enrichi de quinze feuillets provenant d’un même livre d’heures exécuté dans le dernier quart du XVe siècle. Après neuf mois de restauration cet ensemble inédit sera bientôt accessible dans la salle de consultation du département des Arts graphiques. Rencontre avec Caroline Vrand, conservatrice du patrimoine en charge des collections de l’école française du XVe au début du XVIIe siècle.

Femmes artistes en France au début du XIXe siècle

Les études menées sur la place des artistes femmes dans les musées d’art ancien, thème du colloque international organisé par le Centre Dominique Vivant Denon les 16 et 17 février, vont de pair avec les efforts de mise à jour des collections permanentes.  Si l’on pense d’abord aux nouvelles acquisitions (telle l’Élève intéressante de Marguerite Gérard, achat en 2019), le Louvre dispose aussi d’autres moyens. C’est ainsi que cinq tableaux d’artistes actives à Paris ont refait leur apparition aux cimaises du deuxième étage de l’aile Sully, bientôt suivies d’autres. Rencontre avec Côme Fabre, conservateur au département des Peintures en charge des peintures françaises et nordiques du XIXe siècle.