" Les questions d’accessibilité, un enjeu primordial pour le Louvre "
Le 25 janvier 2026

" Les questions d’accessibilité, un enjeu primordial pour le Louvre "
Le 25 janvier 2026

Qu’est-ce qui a motivé la création de cette semaine placée sous le signe de l’inclusion ?
Depuis 2005, nous organisons des semaines événementielles allant dans ce sens. Jusqu’à présent, cependant, on distinguait les publics relevant du champ social de ceux en situation de handicap . Cette année, pour la première fois, nous traitons ce sujet de manière globale, dans la mesure où de nombreuses problématiques leur sont communes. Ce sont des publics fragiles pour lesquels l’accès au musée n’est pas évident, que ce soit pour des raisons physiques, mentales, ou socio-culturelles. L’objectif de l’établissement est de lever tous les freins qui éloignent ces différents publics du musée.
Quel est le principal enjeu de cette semaine ?
L’objectif central est de mettre en lumière le travail quotidien de nos équipes en direction des publics fragiles. Il faut savoir que nous touchons plus de 30 000 personnes par an à travers nos différents programmes. Nous avons également noué une quinzaine de partenariats avec des acteurs tels que l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, l’Agence régionale de santé, les organisations pénitentiaires ou encore des associations comme la Halte Humanitaire. Ce à quoi il convient d’ajouter les 450 formations annuelles que nous proposons. Pour cette semaine, nous avons prévu d’organiser une cinquantaine d’activités.
Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces activités ?
Tout d’abord nous allons mener des actions de médiation, sous forme de visites guidées destinées aux publics en apprentissage du français ou présentant différents types de handicaps. Dans ce cadre nous allons tester des formats innovants. Nous avons ainsi conçu une visite « corporalité », en collaboration avec une association qui propose d’appréhender la lecture des oeuvres à travers le corps. Nous proposerons également une visite « chant signé » qui inclut des passages musicaux signés pour les rendre accessibles au public malentendant.

Les publics fragiles sont-ils les seuls destinataires de ces programmes ?
Nous nous adressons également aux personnes susceptibles d’accompagner ces publics au musée. Nous leur proposons des formations nouvelles, comme celle destinée aux accompagnants de visiteurs souffrant de problèmes de santé mentale. La formation « Osez le Louvre » s’adresse, quant à elle, aux accompagnants des publics en apprentissage du français.
D’autres institutions culturelles sont-elles invitées à participer à l’événement ?
Des temps d’échanges avec d’autres professionnels sont programmés, notamment à travers deux tables rondes. La première portera sur l’inclusion des publics fragiles dans les institutions culturelles à haute fréquentation. Des collègues venus du Château de Versailles, de l’Arc de Triomphe ou encore du Louvre-Lens, confrontés à des problématiques similaires aux nôtres, sont invités à y participer. L’objectif consiste à nous interroger sur les différents freins à la venue de ces publics et à la manière dont chaque institution cherche à les dépasser. Une psychiatre et une sociologue viendront également apporter un éclairage scientifique sur la nécessité de faciliter l’accès de ces publics aux musées.
Quel sera l’objet de la deuxième table ronde ?
Elle portera sur la parole donnée aux bénéficiaires dans les collections du musée. Au Louvre, nous avons développé une expertise particulière qui consiste à former des publics bénéficiaires afin qu’ils puissent devenir à leur tour médiateurs. Nous le faisons pour tous types de publics, comme des réfugiés en apprentissage du français ou des jeunes en insertion, avec des résultats probants sur l’estime de soi ou la prise de parole.
Le personnel du Louvre est-il associé à l’événement ?
Les agents du musée vont se voir proposer une formation à l’accueil des publics en situation de handicap. Par ailleurs, nous allons profiter de cette semaine pour relancer un comité de pilotage sur l’accessibilité au musée, afin de réfléchir à cette problématique de manière transversale.
Qu’entendez-vous par « transversale » ?
La question de l’accessibilité est pluridimensionnelle. Elle touche différents domaines, du bâtiment à la médiation en passant par la communication ou les expositions. Il est donc important d’en traiter tous les aspects. La question des publics concerne toutes les directions du musée.
Cette semaine de la Solidarité et de l’Accessibilité est-elle amenée à se pérenniser ?
Le format étant nouveau, nous allons d’abord évaluer l’impact de cette première édition. Notre ambition est d’en faire un rendez-vous régulier, qui s’inscrira dans le paysage culturel. Plus largement, même si beaucoup de choses sont déjà mises en œuvre, nous souhaitons continuer à faire progresser l’exigence d’accessibilité au Louvre. Cette semaine contribue à placer ces questions au centre de l’attention.

Le 19 janvier 2026

Présentée dans les salles du département des sculptures depuis 1877, la porte du palais Stanga a fait l’objet d’une importante restauration. Le résultat en est impressionnant, qui restitue au décor sa lisibilité et permet d’apprécier la grande finesse de la sculpture.
Le 18 décembre 2025

Depuis 2016, le Louvre va à la rencontre des publics les moins familiers du musée, dans le cadre de son programme « Le Louvre chez vous ». Soutenu par la Préfecture de la Région d’Île-de-France, ce dispositif vise à rapprocher les grands établissements culturels nationaux des quartiers prioritaires. Neuf villes ont ainsi été jumelées avec le musée. Parmi elles, la ville de Cergy, dont la convention de partenariat a été signée officiellement le 18 juin dernier, en présence d’une centaine d’habitants, d’agents municipaux, d’élus et des équipes du musée.
Le 27 novembre 2025