Une œuvre monumentale installée à l’entrée du département égyptien : la Stèle du vizir Senousret

Antiquités égyptiennesRestauration

Le 18 mars 2021

La stèle géante du vizir Senousret, quasiment inconnue du public, accueille désormais le visiteur à l’entrée des salles égyptiennes du Louvre. Taillée dans une énorme dalle de granite rose, elle atteint le poids fantastique de deux tonnes et demie.

Sept lignes de hiéroglyphes surmontent une scène figurant Senousret deux fois, de part et d’autre d’une table d’offrandes, avec les deux longues bretelles autour du cou comme insigne de sa fonction de premier personnage de l’État. Nous lisons que la stèle fut érigée en l’an 8 d’Aménemhat II (12e dynastie, dans les années 1900 av. J. –C.). Plutôt que d’Abydos, la ville sainte d’Osiris, ce monument hors-norme proviendrait de Licht, le cimetière des rois de cette époque où, selon l’ancien égyptologue américain John W. Hayes, le vizir Senousret aurait fait construire un grand mastaba de pierre à proximité de la pyramide d’Aménemhat Ier. Ce serait pour la chapelle de ce mastaba que la stèle du Louvre aurait été conçue, à la mesure d’un tel édifice.

Traduction du texte principal (Ch. Barbotin) :

« L’an 8, sous la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte le dieu accompli Noubkaourê, fils de Rê, Aménemhat vivant à jamais. Veuille le roi accorder une offrande à Osiris seigneur de Bousiris, le grand dieu seigneur d’Abydos en tous ses sanctuaires : une invocation à l’offrande en pains, bières, viande de bétail et de volailles, vaisselle d’albâtre, étoffes et un millier (de produits) de l’offrande du dieu pour son excellence le prince, chancelier du roi de Basse Égypte, courtisan intime, grand dans sa charge, important dans son rang, directeur de la Ville, qui appartient au dais, dignitaire du chacal et vizir Senousret, acquitté, né de (la dame) Sathathor, révérée. »

Stèle du vizir Senousret

(Inv. C 4 ; N 158)
H. 184 cm : La. 89 cm ; Ép. 45 cm

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